La grossesse

8 clés pour réussir son allaitement les premiers jours

19 décembre 2017

Crédit photo : bébé-bébé.com

 

L’allaitement maternel n’est pas quelque chose de si simple que cela. On a tendance à se dire que des femmes le pratique depuis la nuit des temps, alors « ca ne doit être bien compliqué ». Et pourtant, à chacune de mes gardes en maternité, j’écoute des mamans en pleurs 24-36h après leur accouchement. « Mon bébé ne s’accroche pas » – « j’ai peur de ne pas avoir assez à lui donner » – « je n’ai pas dormi depuis 2 jours » – « je me sens nulle »

Surtout lorsqu’il s’agit d’un premier bébé, d’un premier allaitement, certaines femmes se mettent beaucoup de pression. Et entre deux sanglots j’entends « je le vis comme un échec ».

 

Alors si votre projet est d’allaiter, voici quelques clés pour y arriver

  1. Se renseigner avant l’accouchement

Il n’est pas rare que les maternités proposent en anténatal (donc pendant la grossesse) des réunions d’information sur l’allaitement maternel. Que ce soit votre projet ou que vous hésitiez en vous disant, je verrai sur le moment, je vous conseille vivement d’y assister. Cela permet de voir la théorie et de la comprendre sans être dans l’état de fatigue post accouchement. Le jour J, il est vrai, il y a parfois un écart entre la théorie et la pratique, mais vous connaissez la pratique, alors faite vous confiance.

Cela permet aussi de ne pas idéaliser l’allaitement mais d’en connaitre les difficultés. Ainsi, si vous en rencontrez le moment venu, vous saurez que vous n’êtes pas un cas isolé.

 

  1. Choisir sa maternité en fonction

Bon, concrètement, ce n’est pas le seul critère de choix d’une maternité, on est bien d’accord. Pour des raisons géographiques, médicales ou autre, vous n’avez peut-être pas le choix. Mais si vous l’avez, sachez qu’il existe en France des maternités labélisées IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés). Ce sont des maternités dont les équipes ont été formées et évaluées au respect de la physiologie, du rythme du nouveau-né et à l’allaitement maternel. Dans ces maternités, vous trouverez donc des équipes qui vous trouverons mille et une solutions si l’allaitement ne démarre pas parfaitement. Il existe aussi des maternités avec des conseillères en lactation. Ce sont des soignants qui ont une formation supplémentaire en allaitement, avec qui vous pouvez prendre rendez-vous avant l’accouchement et après pour suivre l’allaitement.

De même, vous pourrez assister à des « salons de tétés ». Des réunions de jeunes mamans allaitantes, c’est l’occasion de rencontrer d’autres femmes qui vivent la même chose que vous.
N’hésitez pas à vous renseigner autour de vous, si vous avez des échos sur certaines maternités (IHAB ou non) pour trouver une maternité capable au mieux de suivre votre projet.

 

  1. Faire de l’expression manuelle avant l’accouchement

L’expression manuelle c’est le fait de faire sortir du lait de la poitrine à l’aide de la main. Pour rappel, à l’accouchement, vous n’avez pas du lait mais du colostrum. Le colostrum est moins abondant que le lait, mais extrêmement riche. Le lait arrive 3-4 jours après l’accouchement, on parle  de la montée de lait (par définition). A la naissance, il n’est pas toujours simple d’accrocher son bébé au sein. Parfois il est fatigué, parfois il fait une petite bouche, parfois vous n’arrivez pas à trouver un position adéquate, d’autre fois vous avez des crevasses et n’arrivez plus à supporter de mettre votre bébé au sein à cause de la douleur. Bref, parfois l’allaitement (au sein) met du temps à se mettre en route. Votre bébé cherche à manger, mais pour X raison, il ne mange pas au sein. Dans ce cas, on va vous proposer justement de faire de l’expression manuelle pour deux raisons. La première est évidente : nourrir votre enfant. Pas besoin d’avoir des quantités astronomiques les premiers jours car le colostrum est vraiment très riche. La seconde raison est qu’en exprimant du colostrum, vous stimulez la poitrine la glande mammaire, et votre corps est intelligent. A chaque fois que vous récoltez du colostrum, votre cerveau se dit qu’il y a un enfant à nourrir, alors il faut produire plus. C’est à force de stimuler que la quantité va augmenter et que la montée de lait arrivera au 3e jour. Rien ne vous oblige à faire de l’expression manuelle avant l’accouchement, mais si vous en fait une fois par jour à partir de 37 semaines, vous aurez déjà beaucoup de colostrum en avance. Sachez que le lait se garde 4h à température ambiante, 4jours au frigo, et 4 à 6 mois au congélateur. Une cuillère propre, des petites seringues, et hop, c’est parti ! De quoi avoir une certaine tranquillité d’esprit.

 

  1. Faire confiance à son enfant

La grande question de l’allaitement c’est : est-ce que mon bébé mange assez ?

Les deux premiers jours de vie, votre bébé a un estomac de la taille d’une cerise. Ce n’est pas gros, on est d’accord. Dans votre ventre, votre bébé reçoit tous les nutriments nécessaires grâce au cordon ombilical. Il boit du liquide amniotique et a l’estomac déjà un peu rempli. Il n’est donc pas étonnant que votre bébé mange peu les premières 24h.

Il y a des signes qui montrent que votre bébé ne meurt pas de faim : il remplit ses couches (urines et méconium). Il n’est pas léthargique, c’est-à-dire qu’il est bien tonique et se réveille facilement à la stimulation. Il se calme aussi facilement.

Au fur et à mesure que les jours avancent, les selles de naissances vont passer du noir au jaune (signe que le lait change et que la montée de lait approche). Vous allez sentir vos seins gonfler, et s’assouplir après chaque tétée.

L’allaitement maternel c’est à la demande. En moyenne, un bébé mange 8 fois par jour et ne se laissera pas mourir de faim. Faites confiance à votre bébé ! Attention tout de même, parfois, pour d’autre raisons, l’allaitement ce n’est pas que du feeling, mais des horaires réguliers (ex : diabète, prématurité, etc)

 

  1. Rester flexible

Bonne nouvelle, il existe pleins d’alternative si votre bébé ne tète pas au sein les premiers jours ou si vous manquez que colostrum ou lait : l’expression manuelle (on vient d’en parler), les bouts de seins en silicone, le tire laits ensuite, huiles essentielles, tisanes etc. Selon votre cas, le jour auquel vous êtes après l’accouchement, on pourra vous proposer plein d’alternatives. Ces alternatives ne sont pas preuves d’un échec de l’allaitement, mais une déviation de la voie classique. Rien ne vous empêchera d’avoir ensuite l’allaitement au sein dont vous rêvez. Ne restez pas campez sur vos positions, et acceptez l’aide proposée.

 

  1. Rester positive

Fatigue, peur de mal faire, hormones en pagaille, crevasses… Dur dur de garder le moral parfois. Le saviez-vous ? Le cerveau est incapable d’éprouver de la gratitude et de la plainte en même temps. Sachez aussi que l’allaitement est lié à votre état d’esprit et votre état d’énergie. Ne vous mettez pas une pression de dingue qui va puiser toute votre énergie. Soyez indulgentes avec vous-même. Concentrez vous sur tout ce qu’il y a de positif. Vous venez de mettre au monde un petit être merveilleux. Regardez votre bébé, et oubliez tous les tracas l’espace d’une minute. Essayez de rester positives. Prenez votre enfant dans les bras et savourez !

Sachez aussi que quand vous regardez votre bébé, une hormone est sécrétée : l’ocytocine. C’est l’hormone de l’attachement. C’est également l’hormone qui donne des contractions, utérines oui, mais pas que. Cette hormone aide à l’éjection du lait. Alors si vous avez un coup de mou, ressourcez vous au prêt de votre petite merveille, ne pensez plus allaitement et félicitez vous d’être maman.

 

  1. Dormir

Comme dit plus tôt, l’allaitement est lié à votre état d’esprit et d’énergie. Lorsque vous accouchez, il n’est pas rare que vous n’ayez pas dormi profondément depuis 24h. Vous recevez les visites la journée, et votre enfant réclame plus le soir que la journée. Bref, à quel moment pouvez vous dormir ? Plus facile à dire qu’à faire, mais tentez de dormir pendant que votre enfant dort. Si possible, limitez les visites les premiers jours, en nombre et en temps. Il est normal de vouloir célébrer la venue d’un enfant avec sa famille, mais n’oubliez pas que vous êtes la garde-manger de votre enfant, et que ce dernier a besoin d’énergie pour ce remplir.

Pensez à demander de l’aide au papa pour les autres tâches comme les couches. Et reposez vous.

 

  1. Parler, demander de l’aide

Entant que soignant, on ne sait pas toujours qu’elle attitude avoir en face de chaque patiente car vous êtes toutes différentes et avez toutes des envies différentes. Pour une attitude donnée, certaines patientes vont se sentir accompagnées, et d’autres oppressées. Pour que vous puissiez être sur la même longueur d’ondes avec les personnes qui vous suivent en maternité, n’ayez pas peur de parler de votre ressenti, de vos doutes, vos questionnements, vos difficultés et vos attentes surtout. Le dialogue est essentiel et n’est pas toujours simple entre deux êtres humains, nous sommes d’accord. N’ayez pas honte de dire que vous aimeriez avoir plus d’aide pour ceci ou cela. Vous êtes la patiente, et nous sommes là pour vous !

 

J’espère que ces quelques clés vous auront aidées.

Dites moi en commentaires si vous avez d’autres conseils à apporter si vous êtes déjà passé par là.

 

A très vite !

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *